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Du succès pour vos jeunes sportifs?

Vous avez de jeunes enfants sportifs et vous rêvez que les vôtres deviennent de futurs athlètes Olympiques? Comment faire pour leur donner tous les outils nécessaires et ainsi leur permettre de se rendre à ce niveau? Comme le veut la logique, plus on pratique un sport tôt et plus d’heures nous y consacrons, meilleurs athlètes nous deviendrons. Et bien non! Cette affirmation est fausse. Voici pourquoi!

Échantillonnage précoce

D’abord, l’échantillonnage précoce fait référence au fait de pratiquer divers sports en jeune âge, c’est-à-dire jusqu’à 14 ans (avant la puberté). Les études ont démontrées que d’expérimenter différents sports en bas âge avaient de nombreux bénéfices à long terme pour le sportif en question. Pourquoi est-ce important de préciser « en bas âge »? Parce qu’avant la puberté, les enfants sont comme des éponges, ils absorbent l’information comme de l’eau et sont donc beaucoup plus aptes et réceptifs à l’apprentissage. Ainsi, les jeunes sont en mesure de développer de nombreux patrons moteurs qu’ils pourront transférer d’un sport à un autre, ce qui est un net avantage pour les performances physiques.

Avoir une bonne diversification en jeune âge permet à l’athlète de développer des valeurs physiques et cognitives nécessaires à son évolution. Le jeune sera exposé à divers environnements ce qui lui permettra d’enrichir son aspect psychosocial. Donc, en interagissant avec différents milieux sportifs le jeune aura un meilleur développement psychologique. De plus, en pratiquant plusieurs sports, l’enfant pourra (en vieillissant) prendre la décision de s’investir davantage dans un seul sport et de choisir celui qu’il préfère. Ceci lui permettra de développer son aspect décisionnel et son autonomie.

Un autre avantage souvent abordé dans les études faites sur le sujet est que la diversification permet d’éviter les blessures de surentraînements. Celles-ci sont causées par des efforts excessifs, de l’épuisement, du stress constant ou encore du découragement psychologique dû à la pression croissante et aux échecs. Ainsi, si votre enfant fait du hockey l’hiver et qu’il change pour du soccer l’été, cette simple transition permet au jeune de travailler différents muscles pour une meilleure condition physique. Puis, l’entre deux saisons (entre le hockey et le soccer) permet de donner une pause aux muscles pour un meilleur rétablissement.

Spécialisation précoce

La spécialisation précoce, c’est-à-dire l’implication intensive dans un seul sport en jeune âge, met le développement à long terme du sportif en péril. En effet, « Débuter trop tôt empêche l’enfant d’atteindre son plein potentiel ». Le jeune a besoin de développer une vaste gamme d’expériences mentales et émotionnelles liCapture d’écran 2015-03-18 à 16.55.33ées au sports ainsi que différentes compétences physiques.

Évidemment, pratiquer un sport de façon intensive tôt dans le développement de l’enfant accroît la possibilité de « brûler la flamme » et de faire un burnout du dit sport. En d’autres mots, les probabilités que l’athlète décide d’arrêter son sport sont grandement amplifiées. Par contre, il est à noter que la spécialisation précoce s’avère nécessaire dans certains sports tels que la gymnastique, le patinage artistique et le plongeon acrobatique pour atteindre un niveau élite.

Études réalisées

Une étude réalisée sur 10 ans a ressorti quelques données démontrant une relation linéaire entre l’exposition et les risques d’accidents chez les athlètes pratiquant un sport de façon intensive. Les risques augmenteraient de façon significative pour tout athlètes ayant un volume d’entrainement de plus de 16 heures par semaine. Dans cette même étude, on constate que les blessures sont significativement plus élevées chez les sportifs de niveau international (87.5%) et régional (64.0%) comparativement au niveau national (16.7%) ou récréatif (47.1%). D’ailleurs, 20% (1/5) des athlètes élites disent se retirer de leur sport en raison des blessures et d’accidents survenus.

D’autres exCapture d’écran 2015-03-18 à 17.00.15emples… Les gymnastes rythmiques se spécialisant tôt, de 4 à 16 ans, évaluent leur état de santé comme étant faible et disent avoir connu beaucoup moins de plaisir à pratiquer leur sport. Aussi, les jeunes joueurs de tennis expliquent leur burnout précoce en raison des critiques et des attentes trop élevées de leurs parents ainsi qu’un faible niveau de motivation extrinsèque. Finalement, plusieurs nageurs d’élites russes ayant abandonnés ont indiqués que les principales raisons de quitter le sport étaient la fatigue psychologique, la santé en général, et des charges difficiles d’entrainement.

En conclusion, il est essentiel de donner l’opportunité aux jeunes sportifs d’expérimenter plusieurs sports afin de varier les plaisirs et de découvrir divers environnements sportifs. Bien que la spécialisation précoce soit nécessaire pour certains sports, il faut garder en tête que d’être exclusif à un seul sport devrait attendre l’adolescence (14-16 ans, selon le sport et la maturité du jeune) pour minimiser les risques de blessures ainsi que le stress psychologique. Finalement, ne négligez pas votre influence en tant que parents et assurez-vous que l’entraineur de votre enfant respecte vos décisions !

Éliane Roy, étudiante en Kinésiologie

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